Histoire et patrimoine

Le village ancien s’est établi sur un éperon formé par un méandre de la Saulx. Il domine la vallée par sa longue façade de maisons de calcaire ocré, souvent couvertes de tuiles rondes.
Il est mentionné dans les archives dès 1002, sous la forme « Villercel ». Puis en 1177, il est appelé « villa », mot qui s’applique alors à une grande ferme ou à un domaine. Son nom est devenu « Villa super Saut » en 1230, forme latine de la dénomination actuelle. Un quartier bas s’est constitué plus tard dans la vallée où sont aussi le château et l’ancienne papeterie.
Depuis quelques décennies, des maisons modernes sont construites sur le coteau dans le prolongement de l’éperon.

C’est un « village-rue » lorrain caractéristique. Il suffit de monter la Grande Rue pour découvrir le double alignement des façades qui se suivent sans faille, tandis qu’un mur collectif rectiligne clos à l’arrière les jardins attenants.
Son originalité tient aussi à la qualité architecturale de ses maisons, la plupart en pierre de taille, dont la construction s’étage du XVIe au XIXe siècle. On remarque ici la tourelle d’angle d’un pigeonnier et son cadran solaire, là une porte de style Louis XIII, plus loin une entrée décorée d’un St Nicolas rustique, ou encore une façade flanquée de contreforts ornés de têtes grimaçantes.
Ces qualités s’expliquent par l’importante exploitation des carrières du plateau où l’on tirait la belle « pierre de Brillon » exportée dans toute la région et par la longue tradition des métiers de la pierre exercés dans le village jusque vers 1920.

Au bord de la Saulx, le château Renaissance (ISMH) fut construit vers 1555 par Gilles de Trèves doyen de la collégiale Saint Maxe de Bar le Duc. Ce bâtiment carré en pierre de taille du pays, est flanqué de 4 échauguettes et couvert d’un haut toit d’ardoise aux lignes élégantes.
Le parc qui l’entoure abrite des arbres exotiques séculaires : tulipier, hêtre pourpre, conifères variés… et une collection de « seringas » (philadelphus) réputée. C’est dans cette demeure que Claudel écrivit en 1905 « Le Partage de midi ».
La papeterie voisine qui existait déjà en 1381, l’une des plus anciennes de France, fut fermée en 1972. Ses bâtiments sont maintenant utilisés par une entreprise de mécanique de précision.

Au bas de la rue principale, l’église nouvelle, construite en style néo-roman-byzantin en 1869-1870, remplace une petite église romane du XIIIe siècle située autrefois sur la place du monument aux morts.
Financée par les dons du village, bâtie par les artisans locaux sur les plans d’un architecte barisien, sa qualité architecturale est complétée par les sculptures sur pierre et sa décoration : Beau chemin de croix de Warren (fin du XIXe siècle), des plaques commémoratives de 2 généraux d’Empire nés au village : Jean-Baptiste et Nicolas Broussier.

Le « poète-cordonnier » Nicolas François apprécié sous l’empire dans les salons parisiens était aussi de Ville-sur-Saulx.
Le village compte actuellement 306 habitants environ contre 540 au milieu du XIXe siècle où les carrières et l’usine entretenaient une population importante.
 

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